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  • Daria Soren

Jour 11 / Renaissance

Aujourd’hui, j’apprends à accepter l’incontrôle.

Cette brûlure dans ma boîte crânienne qui va qui vient au grès de l’angoisse. A l'intérieur, un être meurtri demande en permanence à être rassuré.

L'effet des médicaments. Comme un apprenti scientifique, j'expérimente, avec mon corps et ma tête comme laboratoire. A voir si les médicaments vont m’aider à aller. Comme une béquille, m’aider à marcher un temps. Comme un pansement, jusqu’à cicatrisation. J’ai eu un accident. Une plaie s’est ouverte. Il faut la soigner. Ça prend du temps.

Comment en suis-je arrivée à m’infliger une telle blessure?


Ce n’est pas rien. Je n’arrive plus à me concentrer. Ma tête a disjoncté. Je dois désapprendre à être cérébrale. Par la force des choses. Mon cerveau dit stop, rejette les contraintes.

Comme un muscle courbaturé après un effort intense, mon mental s’est compressé à tel point qu’un jus acide l’a intoxiqué.

Ne plus réfléchir, ni anticiper. Le présent, juste le présent. Juste essuyer ce verre. C’est bien. Traiter une chose à la fois. S’arrêter entre deux. C’est comme si le plaisir et la détente m’étaient imposés. Et tout d’un coup, je peux, mais je ne sais plus par où commencer. Se faire plaisir, comment?


Je pense à cette sensation de vie pure quand on est à Saint-Pierre Quiberon.

Je m'assois sur un rocher à marée basse. Plonge ma main dans une mare. M’extasie de ce petit écosystème aux dizaines de formes et couleurs. Caresse les cailloux, les algues et reste là. Jim, à quelques mètres de moi, cherche sans relâche des amis crabes. Pendant ce temps là, Bijou surfe les vagues bretonnes, en pleine extase aussi. On est tous les trois dans notre jardin d’Eden.

Je pensais que ça ne pouvait être que les vacances. Mais, notre vie ne serait-elle pas là?


Hier, on a fêté les quatre ans de Jim dans le jardin partagé derrière la maison. Pompons, lampions, ballons, dix petits copains et des parents sympas et détendus. Le temps était doux. Un soleil chaud, un petit air frais, quelques nuages. Un moment en harmonie avec les enfants, les parents, le jardin.

C’était une journée un peu normale. Comme elle aurait pu se passer avant. Avant que je ne craque. Une journée où j’aurais presque oublié ce qu’il s’est passé. C’est étrange. Tout est pareil mais différemment. C'est comme si je vivais une renaissance.


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