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  • Daria Soren

Jour 9/ Faire ou Etre ?

Mis à jour : 7 déc. 2018


Il est 10h30. Je devrais être sur un petit bureau, depuis huit heure trente du matin, à plancher sur un sujet d’actualité de la fonction publique territoriale. Pendant quatre heures ce matin, puis un devoir de cas pratique pendant quatre autres heures cet après-midi.

J’ai préparé ce concours pendant six mois en passant un jour par semaine dans un organisme de préparation. Je me suis faite violence pour ingurgiter des méthodologies complètement rigides, des notions pratico-pratiques dénuées de toute humanité. Disciplinée, j'écoutais. Curieuse, je m'intéressais. Mais, au fond, je me foutais complètement de ces cours. Je me débrouillais bien aux entraînements écrits. Malgré tout, j’avais souvent l’impression de ne pas être à ma place. La docilité et la rigueur qu'impose de rentrer dans un moule. C’est ma facilité, ma force et, je me rends compte maintenant, ma faiblesse.

Il y a ce moi force motrice, investi, déterminé, cette machine de guerre qui sait FAIRE, programmée pour atteindre l’objectif.

Et il y a ce moi fragile, bouillonnant, incontrôlable, qui demande à ETRE. Ce moi d’émotions que j’ai enfermé dans une cage. Il veut sortir, s’exprimer. J’ai essayé de lui donner un peu de place avec de temps à autres, un cours de danse, une séance de cinéma, une heure d’écriture, vingt minutes de yoga, une exposition. Je me disais que c’était bien suffisant et déjà beaucoup. J’ai sous estimé sa volonté d’expression.

C’est comme ça qu’il me l’a dit. Un six juin où je me suis retrouvée enfermée en moi-même. A étouffer.

Je n’avais pas conscience d’à ce point là avoir besoin d’être. Finalement, la progression professionnelle, le concours administratif, je m’en fous. C’était pour avoir plus de thunes, pour pouvoir faire plus de choses, des voyages. 700 euros de plus ou de moins. Tant pis, ce sera 700 euros de moins et on sera heureux quand même.

Toute jeune, j’avais ce mot à l'esprit, humanité. C’est à ça que je voulais me connecter. C'était mon objectif en étudiant la géographie puis l’écologie. Mais aujourd’hui l’écologie pour moi, consiste à passer ma journée dans un bureau à gérer des dossiers administratifs. Oui, il y a bien un sens dans ce que je fais. Encourager les changements de comportement. Mais égoïstement, ce que je fais à mon travail ne me profite pas personnellement, ne me relie pas à moi-même.

J’ai eu un électrochoc. Je ne me rends pas encore compte de la profondeur de la trace qu’il a laissé, du temps qu’il va falloir pour aller mieux. Ce qui est sur, c’est que je ne vais pas pouvoir revenir à la vie et à l’état d’avant. Je vais essayer de temporiser en organisant mieux mon temps personnel et professionnel. Peut-être que ça suffira, peut-être pas.

C’est peut-être juste un petit burn out. Un peu de repos et ça repart.

C'est peut-être une renaissance qui s'impose, avec des changements inéluctables.

Il va falloir que je vois comment ça se passe.

Déjà ce matin, j’écris mes pages. J’écris, et c’est très bien.

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