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  • Daria Soren

Jour 70 / Déviation

Mis à jour : 6 juin 2019

J’ai repris le boulot hier. Pendant le trajet en métro la rame est restée coincée cinq minutes entre deux stations. Dès qu'elle s’est arrêtée dans le tunnel, les symptômes de claustrophobie sont réapparus : vision voilée, difficulté à respirer, jambes en coton. J'ai fermé les yeux et me suis concentrée sur ma respiration pour parvenir à patienter sans perdre connaissance.

Même après une bonne pause vacances, je sens que ça ne va pas me lâcher. Alors c’est devenu vital d’éviter ce fucking métro.

Comme si c’était entendu, voilà la reprise de cette vie : temps gris, métro étouffant, aliénation sept heures par jour devant un ordinateur à répondre à des mails et traiter des dossiers.


C’est une évidence. Je n'en veux plus. Je la refusais plus ou moins consciemment depuis un an. Jusqu’au burn out qui m’a éclairée. 70 jours plus tard, c’est très clair.

Je sais ce que je dois faire. Quitter cette vie citadine, ce travail de bureau. Je ne peux plus supporter, véritablement supporter, ce quotidien contraignant et aliénant.

Je veux pouvoir prendre le temps de vivre, d'enrichir ma vie spirituelle et créative. Lire, rêver, déambuler.  Qu’importe l’activité que je pourrai faire dans une autre ville, du moment que je suis en contact avec la nature, les gens. Le reste m’importe peu.

Je n’envie plus les collègues qui enchaînent les bébés. Je leur souhaite plutôt bon courage. Je n’envie plus les collègues qui, ayant réussi leur concours administratif, sont fiers d’être devenus ingénieur.

Je ne suis plus là. J’ai changé de trajectoire. Je n’attends plus que de quitter cette vie. Le lundi créatif, les cours de danse et d’histoire de l’art sont une manière de résister. Il va falloir résister dix mois. Dix mois à supporter ces tronches de parisiens, ce temps gris, cette pollution, ce bitume, cette paperasserie. On va le faire. Dix mois aussi à préparer le départ. Vendre notre appartement, acheter un pied à terre parisien, trouver une maison en Bretagne.

On penche à nouveau pour la Bretagne. Plouharnel. Une petite ville au pied de la presqu'île de Quiberon avec des plages de surf superbes. Une communauté qui a l’air jeune et cool orientée autour du surf, du yoga. On y retrouve les valeurs de Biarritz mais en moins surfait. En plus simple et moins cher.

Je ne veux plus fuir mon quotidien pour trouver du rêve. Je veux vivre le rêve au quotidien. Ça veut dire abandonner une vie de confort, une vie durement acquise pour une vie simple et frugale. Mais tout reste possible. Il faut tenir le coup maintenant.


Jim a fait une super rentrée lundi. Je suis très fière de lui. Le voir reprendre avec tellement d’entrain sa chère petite école m’a mis du baume au cœur. Il me raconte ses activités. Lundi il a fait des volcans, mardi du pain. Il est grand maintenant, on lui confit des responsabilités, comme servir les plats à midi et il est très fier. Il a aussi appris à se brosser les dents à un tout petit. Je crois que le fait qu’il ait véritablement mûri, qu’il soit capable de se concentrer correspond super bien avec cette phase de responsabilités grandissantes et ça lui plait. Le fait que cette année encore, il tire le meilleur de cette belle école me réconforte. Je ne sais pas si on pourra continuer en Bretagne. On verra.


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