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  • Daria Soren

Jour 6/ Le rocher dans la tempête

La nuit dernière j'avais quand même pris un médicament que m'a proposé Luc pour dormir mais ça n'a pas marché. Encore une nuit blanche.

Ce matin, j’ai une prise de sang à faire. C’est un calvaire d’aller à pied jusqu'au laboratoire d’analyses à cent mètres d’ici. Babette me tient le bras. Après la prise de sang, je ne me sens pas de rentrer à pied. Je demande à m’allonger. L’infirmière m’installe dans le fauteuil d’une salle annexe. Babette part chercher sa voiture pour venir me récupérer.

Je prends rendez-vous chez mon médecin généraliste pour l'après-midi pour faire le point et analyser mes résultats sanguins.

Babette doit s'absenter. Je reste déjeuner avec Luc. On parle. Il me dit d’une manière très rassurante qu’il y a des moments comme ça dans la vie. Ça passe. Faut laisser aller. Je lui dis que j’ai envie de pleurer. Je sais pas pourquoi. Il me dit de pleurer, que ça fait du bien.

Le flot des sanglots d’abord m’oppresse. Je le retiens de peur qu’il ne m’étouffe. Il y a l’air d’avoir une telle marmite d’émotions là dedans que je n’ose pas ouvrir le couvercle. Mais allez, faut qu'ça sorte. Alors, je laisse sortir les sanglots. Je ne m’étouffe pas. Au contraire, je respire une fois les pleures coulées. Pour la première fois depuis ces six jours de brouillard et d’oppression, j’éprouve un peu de soulagement. Je ne comprends pas encore d’où vient cette tristesse, cette souffrance. L’épuisement surement.

Luc me dépose au rendez-vous chez ma généraliste. Mes résultats sanguins sont bons. Elle me confirme que la sinusite est terminée et que ce n’est pas ce traitement qui me met dans cet état. Je lui raconte les derniers mois: les stimulations hormonales successives vaines pour tenter d’avoir un deuxième enfant, la préparation intensive d’un concours administratif pour évoluer dans mon travail, le rythme quotidien contraignant et, il y a dix jours, la nouvelle de ma chute hormonale et d’un état de pré-ménopause. Pour elle, c’est cette chute hormonale qui est à l’origine de mon mal. Il faut aller voir ma gynécologue.

De retour à la maison, je suis incapable de m’occuper de mon fils. C’était son anniversaire aujourd’hui. Ses quatre ans. Il l’a fêté à l’école avec ses copains. Je n’ai même pas pu préparer son gâteau. Je suis juste là. J’éprouve un grand bonheur à le retrouver. Etre avec lui et Bijou, jouer ensemble. Au milieu de ce chaos, une seule chose m’apparaît clairement. Ils sont mon rocher dans la tempête. Je les aime. J’ai besoin d'eux. Jim, Bijou, ma famille. Je couche Jim, lui lis quelques histoires. Je le veille jusqu’à son endormissement. Ou c'est plutôt lui qui me veille. Je m’accroche à lui viscéralement, lui susurre de m’aider.

Puis, je rejoins mon lit. La nuit est devenue ma plus grande crainte. Une semaine que je n’ai pas dormi. Je prends une moitié du zopiclone. Pas assez. Je ne dors à nouveau pas.


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