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  • Daria Soren

Jour 31/ Mon rêve

Mis à jour : 5 févr. 2019

Mon rêve, c’est d’habiter près d’une petite plage bretonne et d’écrire. Quelques jours après le cataclysme, c’était le fantasme qui me réchauffait le cœur. Maintenant que je reprends mes esprits et ma vie, ça se confirme. J’ai besoin de mettre de l’art, de la beauté dans ma vie, pour en faire une belle vie. Au fond, je n’ai aucune envie de devenir une super ingénieure de la fonction publique. Je me fous de la réussite bureaucratique. Je me fous de la thune. Ma véritable réussite serait de pouvoir vivre de l’écriture ou bien de m'engager véritablement pour une cause. Pour être créatif, il faut être dans un environnement inspirant. Quoi de mieux que la Bretagne? Ce n’est pas faire des expos et ou une école des Beaux Arts qui me permettront d’écrire. C’est d’avoir du temps pour développer ma spiritualité, mon bien être.

Alors, je pense à cette idée folle de partir là, après les vacances d'été. De pouvoir louer la maison de Saint-Pierre de ma tante quelques mois, le temps de trouver une location. De me donner un an pour vivre. Simplement écrire, cuisiner, amener Jim à l’école, chercher des crabes avec lui, le regarder s’épanouir. Regarder bijou surfer. Prendre le temps de vivre, même si c’est très simplement. Pas de vacances exotiques, pas d’achats superflus. Et au bout d’un an, on reste ou on rentre à Paris.

Comme dit la psy, j’ai trouvé la porte de sortie. Ma machine s’est enfin mise au service du bon projet.

Il y a un mois, j’avais ma première crise d’angoisse. J'allais m’allonger à la ludothèque des Halles sans plus pouvoir me relever. J’appelais à l’aide.

Je me remets, tout doucement, chaque jour un tout petit peu. Ce n’est pas fini. Toujours ce flottement, cette inquiétude, ce tremblement dans mes mains, une sensation lointaine d'étouffement qui revient parfois, cette difficulté à dormir sans médicament, ces petites décharges électriques. Ces symptômes reviennent au galop dès que je fatigue trop. Comme un garde fou qui me rappelle ce qu'il s’est passé, que je suis toujours fragile, que rien n’est plus pareil. J’ai retrouvé une stabilité mentale et physique, certes, mais de surface. La tension est toujours là, au fond. Je crois qu’elle ne partira que quand j’aurai pu commencer à mettre en oeuvre concrètement notre projet.

Maintenant que j’ai compris ce qu’il nous faut, je suis soulagée. Tous les feux sont au vert. Tout converge. Aller vivre à Saint-Pierre, écrire une nouvelle. Voilà mes objectifs. Juste ça. C’est tout.

Réunir la qualité de vie et le temps, qui me permettront d’écrire.

Je suis prête à tout quitter avec Bijou et Jim, à mener une vie de marins. Je sais que ça nous rendra heureux. Et si je me trompe, tanpis. On fera autre chose. Le pire serait l’immobilité.

Je ne suis pas dans un combat. Je ne suis pas dans une fuite. Je poursuis un épanouissement personnel et familial. Au fond, c’est ce que nous sommes. Une petite famille de bretons.

Avant, je pensais que mon truc, c’était de relever des défis. Si possible, plusieurs à la fois pour être sure d’en relever au moins un. Je pensais qu’un bon poste de fonctionnaire et deux enfants, avec des escapades de temps en temps, c’était ça la bonne vie. Au fond de moi, ça ne collait pas. Ma conception de la vie était erronée.

Ma bonne vie c’est la liberté, la créativité et l’océan.

Je ne pense pas être complètement folle ou désespérée. Sinon, personne ne nous aurait soutenu dans ce choix. Tout aussi fou et précipité que puisse paraître ce projet, mes parents, mes beaux parents, ma psy, ma sophrologue, tout le monde trouve que c’est une super idée. Tout le monde dit “oui” d’une manière assez sidérante de clarté. Comme si c’était évident. Sans surprise, même. Ça ne peut que me conforter encore plus. Et il n’y avait qu’un Bijou pour me suivre dans un tel projet de vie. Et pour ça, je l’aime plus fort encore. Dans cette nouvelle vie, il pourra être qui il est, car je serai qui je suis, je serai bien. On sera bien. Je peux me tromper. En tout cas, j’y crois. Ça coule de source. Ça coule de mon âme.

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