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  • Daria Soren

Jour 27/ Sortir de là


J’ai repris le boulot aujourd’hui. J’étais contente d’y retourner, de retrouver une utilité, un but, un rythme. Mais, tout ce travail administratif me répulse.

Jusqu’à présent, j’ai enduré, me disant que ça me correspondait bien à moi, la fille organisée et rigoureuse. Et puis, développer la pratique du compostage, ça a du sens. C’est vrai.

Mais. La fille organisée et rigoureuse étouffe et s’ennuie. Cinquante pour cent de mes tâches sont répétitives et administratives. Répondre à des mails qui tombent sans fin comme les formes dans un jeu de Tétris. Ce travail sclérose mon cerveau, chatouille mes nerfs. Ca ne va pas. Ca ne va plus. J’en prends conscience maintenant. Profondément. Je pensais que tout était cool. Je m’en veux car je n’ai pas du tout à me plaindre de ma situation qui est idéale: la sécurité de l’emploi, de bonnes conditions de travail, une bonne ambiance, l'utilité publique et environnementale de ma mission. J'ai été aux anges pendant des années dans ce travail.

Mais maintenant, il y a quelque chose qui cloche.

Quelque chose en moi veut s’exprimer. Mon âme a besoin, par dessus tout, de se faire du bien, de se nourrir de lecture, d’art, d’écriture, de danse, de beau, d’agréable. Mon âme mais aussi mon corps et mon coeur. Travailler dans un bureau n’a rien d’humain. Passer sa journée assise sur un fauteuil devant un écran d'ordinateur avec pour seul mouvement du corps les yeux et les doigts. Ca n’a plus de sens. Je ne peux plus continuer d’étouffer mon âme.


Je ne sais pas encore vers quoi aller mais j’avance. Je m’éloigne de l’accident de parcours. J’avance.

Je me connecte à un nouvel univers, celui de la créativité. J’ai envie d’écrire une nouvelle sur ce qu'il m'arrive depuis ce 6 juin, ce tournant. Je veux y consacrer un jour par semaine au moins. Un jour pour écrire, lire, aller à mon cours de danse, faire une exposition. Tout ce qui peut faire du bien à mon âme. Un jour juste avec moi-même. J’ai besoin de me sentir vivre. La vie est trop courte. Ma vie est certes très bien, je n’ai à me plaindre de rien. Mais, je ne peux plus ignorer ce grand besoin de liberté et d’expression qui fait partie de moi.


Vers 15h30, la tension est revenue dans mon corps. Sous le bureau, mes pieds entament une danse nerveuse infernale. Des décharges électriques parcourent mes membres et l'hémisphère sud de ma boîte crânienne. Un sentiment d'oppression compresse ma cage thoracique. Répondre à des mails, encore et toujours. Classer des dossiers. Entrer des chiffres dans des tableaux. Passer des bons de commandes. Pendant ces six dernières heures, je n’ai fait de bien ni à mon corps, ni à mon âme. L’utilité ne suffit plus à donner du sens à cette vie de bureau. Là, ça n’a plus de sens pour moi. J’étouffe littéralement. Mais comment me sortir de là?

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