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  • Daria Soren

Jour 132/Changer pour eux

Je marche sur un fil. En ce début de semaine, j’ai à nouveau rechuté. Le soir avant de m’endormir j’étais vidée par le traitement antibiotique que je prends depuis deux semaines pour l’otite. La fatigue physique et l’agacement mental m’ont empêché de bien dormir et la nuit, l’état nerveux a émergé. Comme lors de la première rechute, c’est du à la perte du contrôle de mon corps. La première, j’étais contrariée de ne plus rentrer dans aucun pantalon. La deuxième fois, je suis à bout de deux semaines d’otite et de traitement sans résultat. Dix jours que je suis sourde d'une oreille et que j'ai des troubles de l'équilibre. Le mois d’octobre n’a franchement pas été bon sur le plan de la santé. J'ai chopé tous les microbes qui trainaient: grippe intestinale, rhume qui dégénère en otite. Retour à cet état nerveux qui rend fragile le corps, embrume l’esprit. Tout flanche et il devient difficile de garder du recul et de l’optimisme.

J’aimerais sortir de ce cycle sans fin de malaises et avoir enfin la patate physique et mentale. Est-ce que c’est cet environnement et cette vie qui me fragilisent? Est-ce les hormones? J’ai la sensation que cet air vicié que je respire à longeur de journées dans le métro, dans la rue, dans le bureau, m’assèche. Patienter, encore des jours, des semaines, des mois. Survivre dans cette jungle urbaine. 

Le grand air marin sera rédempteur. Un peu comme les scandinaves, vivre davantage dehors, sous le vent, la pluie, marcher, respirer, manger du poisson, nager, puis rentrer au chaud dans sa maison et se remettre de cette vie vivace. Une vie au contact des éléments, plus rude mais plus vivante. 


Plus je lis de choses sur les enjeux environnementaux plus il est évident que les leviers à développer sont l’agroécologie, l’économie circulaire et la créativité de nos enfants. 

La responsabilité qui pèse sur nous, les actifs actuels, est énorme. Nous avons dix ans pour essayer d’éviter que tout parte en sucette et préparer nos enfants aux défis qui les attendent. Dans dix ans, Jim aura 14 ans. Il assistera aux premiers grands cataclysmes, aux premières conséquences irréversibles de notre mode de vie. Certains animaux seront déjà de l’histoire ancienne, relayés aux légendes. 

L’extinction massive de notre biodiversité est le problème majeur. Sans notre biodiversité, nous ne pourrons plus nourrir tous les habitants de la planète. Plus d’abeilles pour poléniser les vergers, faire pousser les fruits et légumes, plus de lombrics pour enrichir le sol. La permaculture, savoir cultiver, faire pousser sa nourriture va être capital d’ici la fin du siècle. 

La bretagne va rester une région relativement clémente. Si, elle se réchauffe un peu, ce ne sera pas un problème, elle est à l’abris des inondations, des sècheresses.

Si j’ai la chance de vivre jusqu’à quatre vingt ans, on sera en 2060, le monde aura commencé à sacrément mal tourner. Jim aura alors quarante sept ans. Quel sera son quotidien? C’est lui qui subira les conséquences du mode de vie insouciant de ma génération et celle de nos parents. On en aura bien profité. Ils vont bien en baver. C’est sacrément injuste. 

Les dix années à venir sont donc cruciales. Au lieu de continuer nos vies avec des oeillères, ces vies pour lesquelles on nous a programmés, on devrait se réveiller et se mettre à changer les choses très rapidement. Tous aux champs. Il est temps que l’on se réapproprie la nature, cette nature nourricière qui nous fait vivre. Il est temps que l’on sorte de cette attitude consumériste permanente. Que l’on se prépare pour l’avenir.

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