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  • Daria Soren

Jour 128/ Mutation en cours

J’ai mué. L’écriture, la danse, la lecture, me font trop vibrer. Le travail dans un bureau me tue. Tenir encore neuf mois me paraît infini, même si je sais que la lumière est au bout du tunnel. Encore neuf mois de captivité et de frustration. C’est tellement fort, tellement clair en moi désormais que c’est dur de retenir mes élans, mes envies qui n’ont pas de place de cette vie actuelle. J’ai l’impression de cracher dans la soupe, sur tout ce que j’ai poursuivi et atteint jusque là et dont j’étais si fière. Voilà, je l’ai obtenu, je l’ai vécu. Maintenant j’ai changé, je suis passée à autre chose.

Je ne sais pas bien de quoi on vivra, mais on va Vivre.


15 jours ont passé depuis la dernière fois où j’ai écrit mon journal. Le temps file, difficile de tenir les engagements artistiques. 

Tout va bien, tout se met superbement en place. Pourtant, je continue à devoir vivre avec des symptômes nerveux fluctuants. Je ne sais pas bien pourquoi. Je crois qu’il faut juste l’accepter comme c’est. Je suis encore en rémission. Mes nerfs saturent vite dans des situations quotidiennes trop agitées. L’agitation oui, et la dispersion mentale, c’est ce qui me perturbe le plus. Quand tout le monde me parle en même temps. Quand il y a trop de bruit. Je me sens vite agressée. Ou quand j’enchaine trop les tâches ménagères. 

Trouver du temps pour nourrir ma bulle est devenu vital. Quand je ne trouve pas le temps de le faire pendant deux ou trois jours, je sens ma résilience à l’environnement extérieur diminuer. Au bout d'une semaine, je deviens hermétique à mon entourage. 


On a passé une semaine de vacances à Saint Pierre Quiberon pleine de quiétude. C’est vraiment là notre place à tous les trois. Il n’y a pas l’ombre d’un doute. 

Mes parents ont signé le compromis pour la maison d’Erdeven. On va vraiment y habiter. C’est une perspective enchanterresse. J’y habite déjà dans ma tête.

Montreuil m’est étranger maintenant. Je ne suis plus d’ici. Je supporte.


Je sais que je vais perdre un travail en or. J’en aurais profité huit ans. Je n’ai aucun regret.

Ce que je veux maintenant, c’est faire une pause de cette vie professionnelle là pendant un an ou deux. Ensuite, je verrai si j’ai envie de reprendre un véritable job dans mon domaine ou bien être disponible pour une autre opportunité. 

Pendant les vacances, j’ai lancé mon blog “Journal d’un burn out”. J’ai acheté un nom de domaine. J’ai donc mon propre site. Je relaye mes posts sur une page facebook dédiée et aussi sur mon instagram et linked. 

Même si le blog reste dans une sphère intime de proches, ce partage a du sens. Je regarde autour de moi. Clémence, Stéphanie, Juliette, Sophie, sont toutes des filles de mon âge, mères de jeunes enfants, qui ont posé leur démission au travail, usées par trop de pression, à la recherche de plus de temps pour elle et leur famille.


Voulons-nous vraiment être ces êtres productivistes et consommateurs que la société a fait de nous? C’est comme ça que nous ont élévés nos parents, encouragés par les pouvoirs publics. C’est comme ça que nous a configurée l’école. Faire de longues études pour être apte à un travail qui permettra de se construire une sécurité matérielle. Voilà le but de la vie pour cette génération 1960-1990. La thune. Et nous, nés dans les années 80, on a grandit comme ça mais le monde a changé. Le monde du XXème siècle est en train de s’éloigner, de se démenteler. Le XXIème siècle sera spirituel et écologique. Comment va-t-on continuer à vivre dans ce tourbillon consumériste permanent? Et pourquoi faire? Quels bénéfices en tirons-nous? Sommes-nous heureux? 

Il se passe vraiment quelque chose autour de moi. Ce que j’ai vécu fait écho à trop de monde.

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