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  • Daria Soren

Jour 108 Résilience limitée

Je visionne de mieux en mieux cette vie quotidienne qui m’empêche de faire ce que j’aime. Je n’en tire plus de satisfaction, seulement du mal être. 

Encore neuf mois à passer avant de pouvoir quitter cette ville qui me vide de mon énergie. Ce bruit, cette pollution, ce bitume, ces tronches de cake parisiennes, ce stress, cette brutalité permanente. Mon système nerveux ne peut plus. Depuis que mes fusibles ont grillé, j’ai conservé un pet au casque. Ce n’est pas complètement remis. Je ne sais pas si ça le sera un jour. Mais dans cet environnement, impossible de faire face sans anxiolitique. Si l'on m’avait dit que j’en arriverai là un jour, jamais je ne l'aurais cru. 


Je ne crois pas être plus fragile que d’autres, mais moins adaptée à cette vie, oui. 

Ma résilience est de plus en plus limitée. Je ne cautionne plus ce quotidien. C’est cela, ma résistance à cet environnement : mon rejet. Mon corps et mon esprit disent non. Pas question. On n'en veut plus de cette qualité de vie de merde. On veut de l’air, des embruns, de l’exercice, de la beauté, on veut du temps, du rêve, du repos. 

Je ne sais plus où j’ai lu que si l'on prone une autre vie tout en continuant à vivre celle que l'on n'aime pas, c’est une frustration immense dont on ne ressort pas indemne. La délivrance est donc dans le changement en accord avec ses aspirations.


J’espère ne pas me tromper en allant vivre dans la pampa bretonne. Plus de proximité pour l’école, les courses, tout se fera en voiture. Plus aucun bruit. Plus personne. Plus de stimulation sonore et visuelle permanente. Le calme absolu. Plus de modernité. Plus de tentations d’achats, de sorties. Je vais surement apprécier, les premiers mois, mais ensuite, quand je vais me rendre compte du temps qui passe, que c’est pour toujours? 

Je laisse aussi tomber mon super boulot impliqué dans les problèmatiques environnementales actuelles. Je perds cette satisfaction d’oeuvrer pour une noble cause. 


Clown triste, je jongle en permanence avec une oppression respiratoire, une fébrilité soudaine, un état nerveux fragile. Usée comme si j’étais devenue vieille, je me tiens à la rambarde pour ne pas tomber.

Seul mon pilier est là, ma famille petit noyau chaud et confortable. Jim et Bijou, mes coeurs, mon air. Le soutien indéfectible de mes parents. Luc et Babette, comme de seconds parents pour moi. On est uni dans ce projet breton.

En attendant, il faut résister. Les symptômes me font signe quand il faut arrêter la machine infernale. Plus qu’une faiblesse, je préfère les prendre comme une force, des garde-fou qui me rappellent que tout mon être demande ce changement. 


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