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  • Daria Soren

Jour 54 / Cool

Ca fait trois jours qu’on est en vacances.

Je ne pense plus à ce qui m’est arrivé il y a cinquante quatre jours. Je reprends une vie normale. On est bien tous les trois à Biarritz. Biensûr, on n’a pas beaucoup de temps personnel. Vingt minutes de lecture dans la journée, au mieux. Difficilement le temps d’écrire ces pages. Encore moins pour faire du sport. Mais, je m’en fiche. Le bien être des vacances remplace tout ça. Simplement bien dormir, manger, passer de bonnes journées, lire un peu. C’est parfait. Le programme n’est pas plus chargé que ça. Je me concentre à profiter de nos moments tous les trois. Goûter le plaisir de faire des châteaux de sable. Le frisson de se faire emporter par une vague. Suivre Jim dans les ruelles, me laisser guider par lui jusqu’à une plage inconnue et finir par s’abriter de l'orage dans une grotte.

Un bel été nous tend les bras. Juin a été la surprise, la chute. Juillet, je remonte la pente. En août, je repartirai vers de nouveaux objectifs: me donner le luxe du temps et de l’espace pour développer ma créativité, construire notre projet de vie hors de Paris.


Je tiens vraiment mon sujet de nouvelle. Ca pourra commencer comme ça:"Pourquoi ça m’est arrivé à moi? Pourquoi ça, cette chute, à une fille cool avec une vie somme toute assez cool? Fonctionnaire, un enfant, des parents disponibles et aidant. Vraiment, pas de quoi se plaindre. Pas de quoi pêter une durite. D’ailleurs, j’ai mis dix jours avant de comprendre ce qui m’arrivait. Certaines personnes sont encore plus speed, ont un agenda encore plus chargé, et encore moins de temps morts, encore plus de pression. Et ça ne leur arrive pas. La résilience au surmenage est peut-être moins développée chez moi que chez d’autres. En moi quelque chose s’opposait à tout ça. Il y avait un rejet de ces contraintes quotidiennes, des tâches, des horaires, des transports. Et, surtout, je me trompais de direction pour quelques trucs importants: mon métier, les enfants. Vu que je refusais de voir ça, mon corps a employé les grands moyens pour m'ouvrir les yeux. Ou alors il n’en pouvait vraiment plus. Bref, ça m’est arrivé à moi. Et ça tombe bien car je cherchais un sujet de nouvelle. Une expérience à raconter."

Pour l’instant le sujet mature dans ma tête. Dans quel ordre, sur quel ton? Quand je pourrai enfin poser mes fesses une heure ailleurs quand dans mon lit à 22h, vidée de ma journée, je m’y mettrai.


Je dors quasiment naturellement puisque je ne prends plus qu'un quart de zopiclone par nuit. C'est la dernière nuit que j’en prends. Ensuite, je remplacerai par la mélatonine. C’est un tel luxe, un bon sommeil. Moi, qui l’avais perdu pour la première fois de ma vie, je goute à présent ce bonheur de glisser dans un nuage épais et de sortir, le matin, des limbes de la nuit, régénérée.

Je me remets à rêver. Et ça n’arrête pas. Je rêve, je rêve toutes les nuits. Des rêves clairs, précis. J’ai vraiment l’impression de les vivre. Ils sont assez déroutants mais très agréables. Ce sont des rêves de jeunesse, d’insouciance et de détente. J’aspire inconsciemment à relâcher encore davantage la pression. A aller vers le fun, vraiment. Mais en réalité dans le quotidien, pour l’instant, j’ai toujours aussi peu de temps morts. Le temps défile encore et mon projet créatif est sans cesse repoussé. Je me sens bien, je suis cool, mais le temps pour moi, j’en ai toujours pas. A peine le temps d’écrire ces pages.

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